La réponse en 3 phrases
Créer ta micro-entreprise coûte 0 € : la déclaration se fait en ligne sur le guichet officiel formalites.entreprises.gouv.fr, et l’immatriculation est gratuite (seuls les agents commerciaux paient 23,21 €). Ce qui coûte vraiment, c’est la suite : un pourcentage de ce que tu encaisses (de 12,3 % à 25,6 % selon l’activité en 2026), l’impôt sur le revenu, puis la CFE à partir de ta deuxième année. Pour une micro classique, ne paie pas d’intermédiaire : mets plutôt ton énergie à bien décrire ton activité et à demander l’ACRE dans les 60 jours.
Le cadre : ce que ça coûte et ce que la loi t’impose
Une création gratuite, avec un calendrier
Service Public l’écrit noir sur blanc : l’immatriculation d’une micro-entreprise est toujours gratuite, sauf pour les agents commerciaux, qui doivent s’inscrire au RSAC pour 23,21 €. La déclaration se fait en ligne au plus tôt 1 mois avant ton début d’activité et au plus tard 15 jours après. Tu ne seras pas seul : selon l’Insee, 758 600 micro-entreprises ont été immatriculées en 2025, en hausse de 6 %, sur 1 165 800 créations d’entreprises au total, un niveau record.
Les plafonds de chiffre d’affaires en 2026
- 203 100 € pour la vente de marchandises et l’hébergement (BIC) ;
- 83 600 € pour les prestations de services (BIC) et les activités libérales (BNC).
On parle de chiffre d’affaires encaissé, hors taxes. Le régime est apprécié sur les deux années précédentes : un dépassement isolé ne te fait pas basculer, deux années consécutives au-dessus du plafond, si.
Les cotisations Urssaf 2026
- 12,3 % pour la vente de marchandises et l’hébergement ;
- 21,2 % pour les prestations de services commerciales et artisanales (BIC) ;
- 25,6 % pour les professions libérales non réglementées, contre 24,6 % en 2025 ;
- 23,2 % pour les professions libérales réglementées qui relèvent de la Cipav.
Tu paies ce pourcentage sur ce que tu encaisses : rien encaissé, rien à payer. La déclaration reste pourtant obligatoire à chaque échéance, avec la mention « Néant ». Chaque déclaration manquante coûte 60,1 € de pénalité, plus une majoration des cotisations. La contribution à la formation professionnelle s’ajoute à ces taux.
L’ACRE : 25 % de réduction, mais sur demande
L’ACRE ramène tes cotisations à 75 % du taux normal : un électricien passe de 21,2 % à 15,9 %, une activité libérale non réglementée de 25,6 % à 19,2 %. Elle court jusqu’à la fin du 3e trimestre civil qui suit ton démarrage, soit 10 à 12 mois. Service Public précise qu’elle n’est plus automatique depuis le 1er janvier 2026 : il faut la demander à l’Urssaf dans les 60 jours suivant ton début d’activité. Sans réponse sous 30 jours, elle est accordée. Elle est réservée à certaines situations (ARE, RSA, ASS, 18-25 ans, moins de 30 ans sans ARE, création en QPV ou en ZFRR…) et à ceux qui n’en ont pas bénéficié depuis 3 ans.
L’impôt : barème classique ou versement libératoire
Par défaut, ton chiffre d’affaires, après un abattement forfaitaire, s’ajoute à tes autres revenus dans ta déclaration annuelle. Tu peux opter pour le versement libératoire : 1 % (vente), 1,7 % (prestations BIC) ou 2,2 % (BNC) de ton chiffre d’affaires, payé en même temps que tes cotisations. Condition : le revenu fiscal de référence de ton foyer de l’avant-dernière année ne doit pas dépasser 29 579 € pour une personne seule (59 158 € pour un couple), selon Service Public. Selon impots.gouv.fr, l’option se prend sur le guichet lors de la création, ou auprès de l’Urssaf au plus tard le dernier jour du 3e mois qui suit. Elle n’est rentable que si ton taux d’imposition au barème serait plus élevé : fais la simulation avant de cocher.
La TVA : franchise sous 85 000 € ou 37 500 €
Les seuils de franchise en base sont inchangés en 2026 : 85 000 € (seuil majoré 93 500 €) pour le commerce et l’hébergement, 37 500 € (seuil majoré 41 250 €) pour les prestations de services et la plupart des activités libérales. Le seuil unique de 25 000 € envisagé en 2025 a été abandonné. Si tu dépasses le seuil majoré, la TVA s’applique dès le jour du dépassement. En franchise, tes factures portent la mention « TVA non applicable – article 293 B du CGI », et tu ne récupères pas la TVA sur tes achats.
Le compte bancaire dédié
Un compte dédié devient obligatoire quand ton chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années consécutives. Exception à connaître : pour une activité commerciale, Service Public indique qu’il est obligatoire dès le départ, quel que soit ton chiffre d’affaires (article L123-24 du Code de commerce). Un compte personnel séparé, réservé à l’activité, suffit. Le détail des offres et de leur coût est dans notre comparatif des comptes pro en ligne.
La CFE
La cotisation foncière des entreprises est due même si tu travailles chez toi, mais pas tout de suite. Tu en es exonéré l’année de création, ta base est réduite de 50 % l’année suivante, et tu restes exonéré tant que ton chiffre d’affaires de l’avant-dernière année ne dépasse pas 5 000 €. Dépose la déclaration initiale 1447-C-SD avant le 31 décembre de l’année de création ; le paiement tombe ensuite au 15 décembre. La base minimum, fixée par ta commune, va de 250 à 597 € si ton chiffre d’affaires est inférieur ou égal à 10 000 € : c’est une base de calcul, le montant à payer dépend du taux communal.
La méthode pas à pas
Compte une demi-heure pour le formulaire si tes pièces sont prêtes, puis quelques démarches dans les semaines qui suivent.
1. Vérifier la nature de ton activité
Vente, prestation commerciale, artisanale ou libérale : c’est elle qui fixe ton plafond, ton taux de cotisations et ton seuil de TVA. Si ton métier est réglementé (diplôme, autorisation), prépare le justificatif, il te sera demandé.
2. Préparer les pièces
Selon Service Public : une copie de ta pièce d’identité, un justificatif de domiciliation (facture d’eau, d’électricité ou de gaz), une déclaration sur l’honneur de non-condamnation et attestation de filiation, et, le cas échéant, ton contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape) ou ton diplôme.
3. Aller sur le guichet officiel
Ouvre formalites.entreprises.gouv.fr, le guichet mis en place par l’INPI, et connecte-toi. Méfie-toi des annonces sponsorisées : des sites privés reprennent la démarche et la facturent.
4. Remplir la déclaration
Choisis « entreprise individuelle » au régime micro-entrepreneur, décris ton activité en mots concrets (« création de sites web », pas « digital »), puis tes options. La déclaration du chiffre d’affaires est mensuelle par défaut ; le trimestriel se demande dans le mois qui suit ton début d’activité. C’est aussi là que tu peux opter pour le versement libératoire.
5. Signer et suivre ton dossier
Après la signature, tu reçois un récépissé « En attente d’immatriculation », valable au maximum un mois. Le justificatif final contient ton numéro Siren.
6. Demander l’ACRE
Si tu es éligible, fais la demande à l’Urssaf dans les 60 jours suivant ton début d’activité. Note la date dans ton agenda le jour même de ta déclaration.
7. Régler l’après-création
Active ton espace sur autoentrepreneur.urssaf.fr, ouvre ton compte dédié (obligatoire d’emblée pour une activité commerciale), prépare un modèle de facture avec la mention « EI » et la mention de TVA, et dépose la 1447-C-SD avant le 31 décembre.
Comparatif chiffré : ta première année sur 12 mois
Hypothèse : tu démarres début janvier, tu encaisses 30 000 € sur 12 mois, tu restes en franchise de TVA et tu prends le versement libératoire. CFE : 0 € la première année. Calcul fait avec les taux 2026 cités plus haut.
- Vente de marchandises : 3 690 € de cotisations (12,3 %) + 300 € d’impôt (1 %) = 3 990 €. Avec l’ACRE : 2 767,50 € de cotisations, soit 922,50 € d’économie.
- Prestations de services BIC : 6 360 € (21,2 %) + 510 € (1,7 %) = 6 870 €. Avec l’ACRE : 4 770 € de cotisations, soit 1 590 € d’économie.
- Libéral non réglementé (BNC) : 7 680 € (25,6 %) + 660 € (2,2 %) = 8 340 €. Avec l’ACRE : 5 760 € de cotisations, soit 1 920 € d’économie.
- Libéral réglementé Cipav : 6 960 € (23,2 %) + 660 € (2,2 %) = 7 620 €.
Le calcul avec ACRE suppose qu’elle couvre les 12 mois, ce qui est le cas pour un démarrage en janvier ; plus tard dans l’année, elle s’arrête plus tôt. Ajoute les frais fixes, tous optionnels sauf le compte dédié dans certains cas :
- création sur le guichet officiel : 0 € ;
- compte dédié : de 0 € (offre Free de Shine) à 108 € HT par an (Shine Start ou Qonto Basic en annuel) ;
- CFE : 0 € la première année, base réduite de moitié la deuxième ;
- intermédiaire (Legalstart, LegalPlace) : payant, voir leur grille. Passe ton chemin si tu crées une micro classique : ils remplissent le même formulaire gratuit. Ils ont plus de sens pour une société (SASU, EURL).
Les erreurs à éviter
- Payer un site qui imite le guichet. La démarche officielle est gratuite sur formalites.entreprises.gouv.fr.
- Mal décrire ton activité. Une prestation libérale classée en vente fausse ton taux de cotisations (12,3 % au lieu de 25,6 %) et ton seuil de TVA, avec régularisation à la clé.
- Laisser passer les 60 jours de l’ACRE. Depuis 2026, sans demande, pas de réduction.
- Confondre plafond micro et seuil de TVA. Un prestataire à 45 000 € reste micro-entrepreneur mais doit facturer la TVA, car il dépasse le seuil majoré de 41 250 €.
- Oublier une déclaration à 0 €. C’est 60,1 € de pénalité à chaque fois.
- Oublier la 1447-C-SD. L’exonération de CFE de la première année passe par ce formulaire, à déposer avant le 31 décembre.
- Encaisser une activité commerciale sur ton compte perso. Le compte dédié est obligatoire dès le premier euro dans ce cas.
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Questions fréquentes
Peut-on créer une micro-entreprise en étant salarié ?
Oui. Service Public confirme que le cumul est possible. Respecte ton contrat de travail (clause d’exclusivité, non-concurrence) et ton obligation de loyauté envers ton employeur. Ton chiffre d’affaires est déclaré à l’Urssaf comme pour n’importe quel micro-entrepreneur.
Combien de temps pour obtenir son numéro Siren ?
Service Public ne fixe pas de délai. Après le dépôt, tu reçois un récépissé « En attente d’immatriculation » valable au maximum un mois, qui te permet de justifier de ta démarche le temps que l’immatriculation soit notifiée.
Dois-je payer des cotisations si je n’encaisse rien ?
Non, les cotisations sont un pourcentage du chiffre d’affaires encaissé. Mais tu dois quand même déclarer « Néant » à chaque échéance, sinon tu paies 60,1 € de pénalité par déclaration manquante.
L’ACRE vaut-elle encore le coup en 2026 ?
Oui, si tu es éligible. Sur 30 000 € de prestations libérales encaissés pendant la période d’ACRE, tes cotisations passent de 7 680 € à 5 760 €. Mais elle n’est plus automatique : la demande doit partir dans les 60 jours.
Le versement libératoire est-il toujours intéressant ?
Non. Il est accessible si ton revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année reste sous 29 579 € pour une personne seule. Il est surtout utile quand ton taux d’imposition au barème serait plus élevé que 1 %, 1,7 % ou 2,2 % de ton chiffre d’affaires. Avec peu d’autres revenus, le barème classique peut te coûter moins.
Sources
- Comment devenir micro-entrepreneur ?, Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Création d’entreprise : formalités d’immatriculation d’une micro-entreprise, Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Guichet unique des formalités des entreprises, INPI (consulté le 7 novembre 2026)
- Régime micro-social : taux de cotisations 2026, Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- L’essentiel du statut, Autoentrepreneur.urssaf.fr (consulté le 7 novembre 2026)
- Micro-entrepreneur : quand déclarer son chiffre d’affaires ?, Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Aide à la création ou à la reprise d’une entreprise (Acre), Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Régime fiscal de la micro-entreprise (plafonds, versement libératoire), Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Le versement libératoire, impots.gouv.fr (consulté le 7 novembre 2026)
- Franchise en base de TVA, Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Compte bancaire du micro-entrepreneur, Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Cotisation foncière des entreprises (CFE), Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Comment cumuler les statuts de salarié et de micro-entrepreneur ?, Entreprendre Service Public (consulté le 7 novembre 2026)
- Les créations d’entreprises en 2025, Insee Première n° 2092, Insee (consulté le 7 novembre 2026)